TRAITEMENT DE L'HYPERHIDROSE PALMO-PLANTAIRE PAR IONOPHORÈSE :

La ionophorèse ou iontophorèse constitue la première méthode non chirurgicale efficace utilisable dans le traitement de la transpiration (hyperhidrose). Elle consiste à exposer les mains et/ou les pieds et/ou les aisselles du sujet à un courant électrique continu qui est véhiculé par de l'eau du robinet.

Mode d'action :

mains-transpiration-jointes

L'épithélium des glandes eccrines ne comporte qu'une couche unicellulaire contrairement au revêtement cutané constitué par un épithélium pavimenteux pluristratifié; La résistance électrique y étant donc moindre, le passage du courant s'y fera de façon préférentielle, provoquant pour certains auteurs, la formation de bouchons épidermiques oblitérant les canaux sudoripares. Pour d'autres les études anatomo-pathologiques ne confirment pas cette hypothèse. En pratique, les rémissions très
prolongées parfois obtenues (allant jusqu'à 6 mois) nous amènent à supposer que d'autres mécanismes encore inconnus sont en cause. Actuellement bien que cette idée n'ait pas été démontrée, nous pensons que l'explication la plus pertinente est un effet de stabilisation membranaire des cellules de la glande.

Matériel :

Il faut un appareil spécifique pour le traitement des hyperhidroses.

Il comprend :

Un boîtier capable de générer un courant réglable et stable dans le temps.

Deux bacs de forme adaptée aux mains ou aux pieds, dans le fond desquels se trouve une électrode recouverte d'une protection. Celle-ci évite le contact direct de la peau avec le métal. Ces bacs électrodes sont reliés au boîtier par des fils.

L'intensité développée pendant les séances est fonction :

  • de la résistance cutanée variable d'un sujet à l'autre suivant le sexe, l'âge, la profession, le degré d'humidité des téguments.
  • de la capacité du patient à supporter la sensation relativement désagréable du passage du courant.

L'appareil ne doit pas délivrer une intensité supérieure à 30 milliampères, 20 mA étant l'intensité requise et souhaitable pour une bonne efficacité du traitement.

L'appareil doit être indépendant du secteur pendant le traitement.

Déroulement d'une séance :

Le patient dispose deux extrémités à traiter dans les bacs électrodes (ou quatre dans le cas de l'Idrostar Pro Pulsé)
De l'eau du robinet est versée dans ces bacs. L'intensité est augmentée progressivement jusqu'à 20 mA. Une sensation de picotements, parfois désagréable, est perçue pendant la séance.
Après une dizaine de minutes, l'intensité est progressivement réduite jusqu'à zéro. Le courant est alors inversé, puis l'intensité très lentement ramenée à 20 mA pendant le même temps.

Fréquence des séances :

  • Trois séances la première semaine.
  • Deux séances la deuxième semaine.
  • Trois séances dans les deux semaines suivantes.

En règle générale les résultats apparaissent dès la quatrième séance.

Ensuite une séance d'entretien est à prévoir dans les quinze jours trois semaines, et progressivement on arrive à une séance tous les un à deux mois.

Contre-indications :

La contre-indication la plus formelle concerne les porteurs de pacemaker. La prudence impose d'éviter ce traitement chez la femme enceinte (dont l'hyperhidrose s'améliore d'ailleurs souvent pendant la grossesse).
Pour les femmes porteuses d'un stérilet contenant du métal, les avis sont partagés. La théorie ne met pas en évidence arguments négatifs, mais jusqu'à présent aucune étude in vivo ne permet de trancher ce débat.
Il faut être prudent chez les porteurs d'orthèse, en fonction de la taille de celle-ci et du trajet du courant.
Il faut savoir que ce traitement n'est que symptomatique; il n'assure pas la disparition du trouble, mais seulement sa suspension.